Rencontre avec Tagada Jones

Les Rennais de Tagada Jones parcourent la France depuis 1993 pour nous livrer un métal punk enlevé. Rencontre avec le chanteur Nico qui change ses cordes de guitare avant de jouer à l’Elysée-Montmartre avec Ultra Vomit et Parabellum. 

Ca vous embête de jouer en première partie ce soir ?

 

Non, tout le monde est en tête d’affiche. Ce n’est pas hiérarchisé, ça s’est fait par tirage au sort. Ca devrait être comme ça dans la musique. Les gens viennent dès le début au lieu de boire des bières dehors !

 

 

Tu écoutais Parabellum quand tu étais gosse ?

 

Oui, ça fait partie de nos influences. On a commencé à jouer en pleine vague de l’alternatif. On allait voir des tas de concerts à Rennes : Parabellum, la Mano Negra, les Sheriffs, les Bérus, les Satellites, les Wampas… On était jeunots ! On se disait qu’on aimerait bien se retrouver un jour à leur place. On a commencé Tagada en faisant des reprises de ces groupes-là.

 

 

En parlant des débuts, dans la chanson D. I. Y. du dernier album, tu parles du moment où vous avez abandonné les études pour Tagada. Vous avez douté ?

 

 

Pas vraiment, car on a fait ça à l’âge de l’insouciance. C’est vraiment le moment où tu peux le tenter. Effectivement, il y a eu des tensions avec nos parents, et tous ces gens qui disent : « Vous n’allez pas planter vos études et vos boulots ! » Ce n’est pas dans les normes, et l’entourage n’a pas envie que tu te lances dans l’aventure. Nous, on s’est donné les moyens de le faire. C’était à l’époque où on jouait dans les squats et les bars, pas à l’Elysée-Montmartre, donc nos proches flippaient grave ! Finalement, on ne regrette pas… Aujourd’hui, on joue avec nos idoles !

 

 

Est-ce que le public se renouvelle, comme la pochette de votre dernier album le suggère ?

Oui ! Pour les gens de notre âge, qui ont un travail, une famille, c’est plus compliqué de sortir. À l’adolescence, tu sors beaucoup plus. Pour un groupe comme nous, s’il n’y avait pas d’ados à nos concerts, il n’y aurait plus grand monde ! On a des concerts où il a des gamins de 13 ans, et aussi des fans de la 1ère heure. C’est rassurant.

 

 

Il y a une de vos affiches dans la chambre d’un personnage de Plus Belle La Vie… Ca entache votre « street credibility » ?

 

Ce n’est pas du tout le genre de chose qu’on cautionne… Ca me fait rigoler, parce qu’il y a plein de gens qui nous le disent, ça veut dire qu’ils regardent ! Mais sinon, ça ne me dérange pas…

 

 

Votre chanson « W » est-elle obsolète, ou non car tu es déçu par la politique d’Obama quant à l’Irak ?

 

Obama va vers le plus. Certes, il est pieds et poings liés. On verra le bilan dans 4 ans, mais je pense que ce sera sans aucune commune mesure avec W. Ce sera 1000 fois mieux. On est enfin débarrassés de ce mec-là, qui a quand même été un poison pour le bien-être de millions de gens dans le monde ! Bon, Obama n’est pas un mec de gauche non plus — ça n’existe pas aux Etats-Unis — mais ce sera bien moins pire que Bush.

 

 

Ce qui s’est passé à Strasbourg au sommet de l’OTAN avec les manifestants, c’est un peu votre morceau « Désobéir »… Tu cautionnes ?

 

Pour la révolte, oui. Pour les gens extrémistes, les casseurs, non. C’est ridicule, ça ne sert à rien. La dernière fois, on rigolait : l’autre con, il a encore décrété une loi qui dit que manifester avec une cagoule va être interdit ! Je ne cautionne pas un mec qui va profiter d’un mouvement social pour casser des trucs… Les petits commerçants n’y sont pour rien, ça n’a rien à voir avec les grands pontes du capitalisme. Il y a plein de gens de la classe moyenne qui investissent dans des SICAV, mettent de l’argent de côté… Quelque part, c’est cautionner ce système capitaliste, ce système qui les fait travailler trois fois plus, qui leur tire dessus…  

 

A paraître dans Réplik. 

Published in:Art |on mai 8th, 2009 |Réagir »

Rencontre avec Parabellum : “Si je posais un CV à Carrefour, ils ne me prendraient pas.”

Parabellum est l’un de ces groupes mythiques qui a fait l’effervescence punk française du milieu des années 80. Aux côtés des Bérurier Noir, des Wampas ou encore du futur Manu Chao, ils parcouraient les squats de France et de Navarre. Leur premier album, « On est gouverné par des imbéciles » a trouvé un écho chez toute une génération grâce à des titres comme « Anarchie en Chiraquie » ou les reprises « Cayenne » et « Amsterdam ». Retournons à l’époque où Chirac était Maire de Paris avec Schultz, leader géant d’un de ces rares groupes qui tournent toujours et dont les morceaux sont plus que jamais d’actualité.

La semaine dernière, les « anarchos-autonomes » ont tout fait péter à Strasbourg au sommet de l’OTAN. T’en penses ?

Ils les ont foutu là où il fallait pour que ça fasse le bordel. Maintenant, MAM dit qu’on n’a plus le droit d’avoir de capuche… C’est despotique. C’était gros comme un éléphant dans un couloir qu’il y allait avoir de la casse… On peut même se demander s’il n’y a pas des mecs des RG pour démarrer le feu. Ca s’est déjà fait : le Drugstore Opéra en 67. La manif se passait bien jusqu’à ce que le bruit courre qu’on allait à l’Elysée. Des mecs sont arrivés, pas des rigolos : tous les gars de la sidérurgie et des mineurs. Ils sont entrés au Drugstore pour tout péter. Donc la police avait une raison valable pour intervenir. C’est toujours le même principe, c’est vieux comme mes robes.

Qu’est-ce que tu penses de la loi Hadopi ?

C’est complètement idiot. On peut prendre l’adresse IP de quelqu’un d’autre. Ce n’est pas gérable. Si les maisons de disques ne pratiquaient pas des prix exhorbitants… C’est comme les Français avec le monopole du pinard. En plus, dans les années 70, le patron de Sony était catastrophé par les copies de cassettes audio. « C’est la mort du petit cheval », qu’il disait. Et dans les années 90, c’est le même discours avec les CD gravables. Et maintenant, c’est Internet ! Ca va, les artistes n’ont qu’à jouer sur scène un peu !

Tu jouais au début des années 80 avec Manu Chao dans Los Carayos. Qu’est-ce que tu penses de lui aujourd’hui ?

C’est un mec que j’aime bien. Il a fait une belle route. Il n’a pas fini son voyage en plus. Je ne suis pas fait de tout ce qu’il a fait. On s’est fendu la gueule pas mal de fois. Je jouais dans Los Carayos et Parabellum en même temps. Une fois, j’ai joué 4 fois en 24h, à 600 bornes de distance, entre Morlaix et Guize.

Et avec Didier Wampas, t’as toujours des contacts ?

Quand on se croise, ouais. La dernière fois c’était à un festival. T’es en train de jouer et t’as Didier qui te sautes dessus ! Tu lui dis : « Eh merde, je suis au boulot là ! » Il est rigolo. Il monte sur une scène, il n’est plus le même homme.

On est à côté de la rue des Martyrs. Est-ce que t’as connu ce fameux « bar-tabac de la rue des Martyrs » ?

Je ne traînais pas trop à Pigalle, à part pour les magasins de musique. Mais je n’étais pas très riche, et ça me faisait mal de voir de superbes guitares.

T’as connu l’époque des squats, de l’effervescence punk… Mais aujourd’hui, tu ne peux plus jouer dans un squat à cause de ta notoriété. Ca ne t’embête pas ?

Non. On joue encore de temps pour les bonnes œuvres. On ne peut pas faire que ça. Parce que la musique, c’est quand même notre casse-croûte. T’auras toujours des bonhommes pour râler, dire que les concerts que sont trop chers. Si tu faisais des concerts gratos, ils voudraient que tu les paies ! Alors qu’on ne vend pas beaucoup d’albums…

Tu as dit que Parabellum était engagé, mais de façon fun. Est-ce que c’est une manière de ne pas se prendre au sérieux ?

J’ai des convictions, mais je les garde pour moi. Le fun, c’est une excellente matière de mettre les problèmes en face des gens. Quand tu écoutes les paroles, ça grince quand même. Certaines de nos chansons sont encore d’actualité 25 ans après, comme « Les Restos du cœur ». C’est l’Etat qui devrait s’en occuper… Il est en train de casser l’hôpital, tout le service public. Les pompiers font grève pour que leur métier soit considéré à risque, et on le leur refuse. C’est hallucinant. J’ai envie d’en parler, mais d’une manière fun.

Les Svinkels ont repris votre « Anarchie en Chiraquie ». Ca t’a fait plaisir ou ça t’a rendu triste de voir que c’était toujours d’actualité ?

Ca m’a fait énormément plaisir. Ca résume à peu près tout le truc. C’est toujours d’actualité, mais en même temps c’est une chanson très fun. Ca fait 25 ans qu’on remercie les langues de putes et les faux-derches qui ont fait notre fonds de commerce.

En 86, les Bérus sont passés sur NRJ un peu malgré eux. Puis TF1 leur a proposé de jouer, mais pas des chansons comme « Vive le feu » ou « Porcherie ». Si TF1 vous avait proposé, qu’auriez-vous répondu ?

On a eu un peu le même truc. On a sorti un disque de reprises de Saturnin, le canard malin, « Mon Grand frère est un rocker ». Du coup, on est passés sur Antenne 2, FR3… Au bout d’un moment, on s’est regardé et on s’est dit : « Mais attends, Parabellum c’est le groupe qui arrive sur un plateau télé et qui chante le Petit canard youpi youpi ? » Et on leur a chié dans les bottes, on s’est cassé, ce qui nous a valu évidemment des inimités tout à fait intéressantes. On l’a payé. Comme toute forme de liberté, ça se paye. Mais on est assez contents de l’avoir fait comme ça. Parce que « Parabellum Saturnin »… Je préfère qu’on dise « Parabellum Cayenne, Amsterdam ».

Justement, t’en n’as pas marre de jouer « Cayenne » et « Amsterdam » ?

Non. Je les joue depuis 25 ans et je me régale tout le temps. Si on se faisait chier, on arrêterait. De toute façon, si je posais un CV chez Carrefour, ils ne prendraient pas.  

 

A paraître dans Réplik. 

Published in:Art |on mai 8th, 2009 |Réagir »

Je suis “reporter citoyenne” pour Agora Vox

Vous pouvez trouver ma page perso en cliquant là-dessous et lire mes super articles à la Une. Enfin, pour l’instant il n’y en a qu’un, intitulé “Les CRS tuent dans l’œuf une manifestation en faveur de l’avortement”. Rédacteur Agoravox

Published in:Uncategorized |on novembre 20th, 2008 |Réagir »

Les Chiennes de garde : censeuses liberticides ou indispensables gardiennes ?

Quand on entend un homme parler des féministes, ça donne toujours à peu près ça : “Oh, elles n’ont que ça à foutre de nous casser les couilles avec leurs histoires de se faire appeler Madame ou Mademoiselle ? Qu’est-ce que ça change ? De toute façon ce sont des aigries…” Aigries, seulement quand ce n’est pas mal baisées, lesbiennes, frustrées, hystériques, réactionnaires… Parce que rien n’est encore gagné, Réplik a rencontré les Chiennes de Garde, principale asso féministe française.

Bizarrement, on dirait que tout le monde déteste les Chiennes, et plus généralement les féministes, d’une haine viscérale et toute irrationnelle. D’ailleurs, trop de femmes, lorsqu’elles abordent la condition féminine, commencent par l’absurde : “Je ne suis pas féministe, mais…” Imaginez un peu si on voulait parler de racisme et qu’on commençait nos phrases par : “Je ne suis pas en faveur de l’intégration des Noirs, des Arabes et de tous ceux qui ne sont pas Caucasiens, mais…” Car si le racisme n’est plus toléré, le sexisme ordinaire l’est malheureusement encore très bien, alors qu’il est tout aussi intolérable. Même qu’il n’y a pas vraiment de loi qui protège les femmes… Certes, la loi n°1700 punit les discriminations sexistes ou homophobes, dont les insultes à l’encontre des personnes en raison de leur orientation sexuelle, mais pas les injures faites aux personnes en raison de leur sexe. On reproche aux partisans de mesures semblables de se poser en victimes, ce à quoi ils répondent immanquablement : “Le féminisme n’a jamais tué personne, mais le machisme tue tous les jours !” Cependant, une autre tranche des féministes dit ne pas avoir besoin de telles lois, et préfère répondre : “Ne me libérez pas, je m’en charge”.

Nous rencontrons les Chiennes de Garde un dimanche de septembre dans un parc parisien, à l’occasion d’un pique-nique “mixte”. La petite assemblée dominicale est composée d’une quinzaine de femmes et d’un homme. Isabelle Alonso, ex chroniqueuse de Laurent Ruquier, n’est pas là, mais Florence Montreynaud, la présidente, mène la réunion avec emphase. “Vous voulez un coup de rouge ?” nous demande t-elle en faisant les présentations. La plupart des adhérentes présentes sont assez âgées, à part nous, seules d’eux d’entre elles ont moins de 30 ans. À l’ordre du jour : le statut de l’embryon. Désormais, les foetus nés sans vie pourront être inscrits dans le livret de famille. Ce qui signifie que si l’on prend le cas d’un avortement et celui d’une fausse couche, l’un des deux foetus sera considéré comme un “déchet anatomique” tandis que l’autre aura un prénom, un enterrement… De quoi culpabiliser les femmes ayant subi une IVG, et même peut-être menacer le droit à l’avortement…

On passe au sujet de prédilection de la Meute, à savoir les publicités sexistes. Une adhérente a ramené une réclame pour un magazine montrant une femme se faire tirer par des ficelles différentes parties du visage, avec pour slogan un truc du genre “Vous ne saurez plus où donner de la tête.” Tout le monde est choqué, bon. Ce n’est pas bien méchant, et la même publicité existe avec un visage d’homme… Il ne faut pas virer dans la paranoïa non plus ! Les exemples de “fausses alertes” comme celles-ci sont légion, mais pas autant que les pubs réellement à caution.
Sur le banc des accusés aujourd’hui : Monoprix. Sa dernière campagne , pour les fringues de la rentrée, montre une petite fille avec un bonnet d’âne et dit “Plus top-model qu’élève modèle !” Quant au petit garçon, il tient une pancarte “Recyclez !” Bref, il a le rôle sérieux. D’autres pubs sont passées en revue, on parle aussi du Prix Macho 2008 qu’on remettra le 8 mars (journée de la Femme) au publicitaire le plus sexiste.

Nous débattons joyeusement quand une des adhérentes lance un “Qui veut du dessert, les filles ?” anodin. Et là, c’est le drame.
C’est le qualificatif “filles” qui n’a pas plu. Car “fille”, c’est un mot qui a deux sens, celui de fille de ses parents (donc connotation patriarcale) et de fille opposée à garçon. S’ensuit une explication linguistique et des tentatives pour trouver d’autres mots. Comment faire pour proposer du dessert, si on ne peut plus s’appeler “les filles” ? Quelqu’un propose “copines”, mais c’est ringard et puis, “si les copains partagent le pain, que partagent les copines d’après vous ?” Ma pote et moi, on se garde bien de dire qu’on s’appelle “mec” entre nous. Et on propose encore moins de demander : “Qui veut encore du taboulé, les meufs ?”

J’en profite pour remettre sur le tapis cette vieille histoire de “Madame ou Mademoiselle”. On m’explique que la pétition qui tourna un temps pour faire disparaître “mademoiselle” de la circulation fut accueillie avec moquerie. “Ce n’est pas important”, disait-on. “Alors si ce n’est pas important, pourquoi ne pas nous le donner ? Car ça l’est pour nous. Il est illégitime qu’on appelle une femme par rapport à sa sexualité, et personne n’a à savoir si “je baise mariée” ou non.” La fameuse case “civilité” des formulaires administratifs contribue à faire perdurer cette tradition stupide. Dans les campagnes, une femme qui ne s’était jamais mariée pouvait se faire appeler “Mademoiselle Marie” jusqu’à 80 ans ! Et encore de nos jours, des proviseurs d’écoles refusent aux professeurs célibataires le titre de Madame, et elles continuent de se faire appeler Mademoiselle par les élèves. C’est exactement comme si un professeur homme célibataire devait se faire appeler “Damoiseau Dupont” au lieu de “Monsieur Dupont !” Tellement impensable que mon correcteur d’orthographe ne connaît même pas le mot damoiseau. On se met d’accord : à partir de 18 ans, mariées ou non, on se fera appeler Madame. “À ceux qui m’appellent mademoiselle en croyant me flatter, je leur répond damoiseau, ça calme.”

Après qu’une adhérente a fait passer les paroles de Tiken Jah Fakoly sur l’excision, que les doyennes du groupe ne connaissent pas, Florence nous montre une de ces pancartes humoristiques arborées sur certaines portes de chambres d’ados. Elle montre un pictogramme de femme faisant une fellation à un homme avec la mention “En réunion”. Cet écriteau est vendu sur un présentoir dans la rue, à la vue de tous. Florence raconte que, ne supportant pas l’image de la femme dans le monde du travail véhiculée par cette image, elle est allée voir la patronne de la boutique, qui l’a envoyée paître. Puis elle a ameuté des passants à plusieurs reprises, hommes et femmes, devant le magasin, pour leur demander leur avis là-dessus. Généralement, les femmes se sont montrées plus choquées que les hommes. On en discute. Ce n’est pas la pratique sexuelle qui est ici incriminée, mais le rapprochement avec le monde du travail. “Il faudrait que ce soit au moins retiré du présentoir de la rue et vendu à l’intérieur.” C’est donc là que la question de la censure se pose, car c’est bien de ça qu’il s’agit. On parle de pétitions, de manifs, de lettres à la mairie. Est-il légitime d’interdire cette pancarte ? Mais est-il légitime de donner cette image de la femme au bureau aux enfants ?
Quelqu’un sort la réplique culte de “Sex and the city”, pour calmer les esprits : “On est peut-être à genoux devant un homme à ce moment-là, mais on le tient par les couilles !”

Si vous croisez les Chiennes lors d’une de leurs actions, ne vous attendez pas à voir de jeunes riot girls brûlant leur soutif. Tout ça a bel et bien disparu, peut-être parce qu’on a fait des avancées considérables, certes, mais aussi sûrement parce qu’il y a Ni Putes Ni Soumises, qui agit sur le terrain, et que les gens préfèrent le concret, ce qu’il y a d’urgent. C’est compréhensible, mais il ne faut pas oublier tout ce qu’il reste à faire par ailleurs. Les Chiennes sont si peu nombreuses, aussi sans doute, parce que la plupart des gens, femmes et hommes, n’en ont rien à foutre du féminisme et pensent qu’à l’époque actuelle, ils sont égaux, alors que les femmes sont toujours moins bien payées que les hommes. (17% quand même…) Les effectifs semblent avoir du mal à se renouveler, même si les jeunes femmes devraient rester vigilantes quant à leurs droits : le statut de l’embryon n’est peut-être qu’un début.

E.Q. Cet article est à paraître dans Réplik. Réplik

Published in:Uncategorized |on septembre 14th, 2008 |1 Commentaire »

Festival de Quend du Film Grolandais

“A Cannes, c’est très cucu, c’est vrai qu’à Cannes, je suis le roi des cons”, chantait M en 1999 dans “Le Festival de Connes”. Mais, même pour aller faire l’idiot dans le plus célèbre des événements d’auto-célébration du cinéma français, il faut “des airs de mâle” et “rouler des mécaniques”. Tandis qu’au Festival du Film Grolandais, peu importe qu’on soit “blonde, bonne et bombe” ou “guindé pour pas un clou” : le présentateur Jules-Edouard Moustic ou le Président de la Présipauté, Christophe Salengro, vous accueilleront à bras ouverts autour du plat national, l’oreille de porc à la Van Gogh, dans la petite ville de Quend, du 19 au 21 septembre 2008.

 

Pour expliquer sommairement à un non-Grolandais ce qu’est Groland, il faudrait qu’il aille par exemple dans le bistrot le plus paumé du coin et qu’il regarde le journal de 13h en compagnie de pochetrons autochtones qui commenteront les infos : ça, bon diou, c’est Groland. La France bien profonde est caricaturée à l’extrême dans un faux JT clichetonneux et ridicule à souhait, l’humour trash et incorrect de Canal Plus en guise de leitmotiv. 

 

Pas bidon pour un sou, le festival du film grolandais de Quend-Plage-les-Pins sera présidé par le chanteur hypouille Katerine, et parrainé par Ciné Pax et le Conseil Général de la Somme, entre autres (Quend se situe en Picardie). Prenant à contre-pied le Festival de Cannes, les trublions de la chaîne cryptée se font une joie, chaque année depuis 2005, de distribuer sérieusement des prix dans une ambiance des plus déjantée, à la Borat. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, les films palmés sont plutôt connus (comme “J’ai toujours rêvé d’être un gangster” en 2007), même si on trouve aussi des productions plus underground. 

 

On a aussi de la musique, et, à l’image du générique de l’émission (”God Save the Queen” des Sex Pistols), c’est plutôt punk : Didier Super, les Wampas… Cette année, l’invité d’honneur sera l’Orchestre National de Barbès. 

 

Les journaux locaux ont qualifié l’événement de “beuverie infâme”. Il y a certes eu des manifestations contre la bière sans alcool et des hordes de jeunes grolandais sur-excités s’adonnant à un vandalisme bon enfant, mais “pas plus que dans n’importe quel autre festival”, dixit les participants. Mais c’est le seul festival où l’on mitraille un nain à l’effigie de Sarkozy avec une machine à caca…

 

 

Pas de réservation à l’avance, seules les places de ciné sont payantes. On attend 30 000 spectateurs cette année pour la grand-messe pipi-caca. Rendez-vous à Quend du 19 au 21 septembre 2008 pour la quatrième édition. Banzaï !

 

groland 

Published in:Uncategorized |on juillet 15th, 2008 |Réagir »

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